Item 159 – Essentiel – Tuberculose

Définition
- Maladie infectieuse chronique due au complexe Mycobacterium tuberculosis (BK).
- Transmission interhumaine par voie aérienne (inhalation de gouttelettes infectées).
- Peut rester latente ou évoluer vers une tuberculose maladie (pulmonaire ou extra-pulmonaire).
Épidémiologie et facteurs de risque
Facteurs individuels
- Pays à forte incidence (Afrique, Asie).
- Âge > 50 ans.
- Malnutrition.
- Éthylisme chronique.
- Absence de vaccination par le BCG.
Pathologies sous-jacentes
- Maladies respiratoires chroniques (silicose ++).
- Infection VIH +++ (co-infection TB-VIH = enjeu majeur).
- Diabète, cancers, syndromes lymphoprolifératifs.
- Insuffisance rénale chronique.
- Greffe d’organe.
Traitements favorisant la réactivation
- Corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs, chimiothérapie.
- Anti-TNFα (Crohn, polyarthrite rhumatoïde).
Facteurs sociaux
- Conditions socio-économiques précaires.
- Promiscuité (foyers, prisons, bidonvilles).
- Contact étroit avec un sujet tuberculeux bacillifère.
Physiopathologie
- Inhalation du bacille → multiplication locale.
- Formation d’un granulome tuberculeux (cellules épithélioïdes et géantes).
- Nécrose caséeuse au centre du granulome.
- 2 évolutions possibles :
- Infection latente (contrôle immunitaire).
- Réactivation (immunodépression, facteurs favorisants) → tuberculose maladie.
Formes cliniques
Primo-infection tuberculeuse
- Souvent asymptomatique.
- Radio thoracique normale ou adénopathies hilaires.
- Peut rester latente ou évoluer.
Tuberculose pulmonaire (forme la plus fréquente)
- Toux chronique, hémoptysie, fièvre vespérale, sueurs nocturnes, amaigrissement.
- Cavernes pulmonaires au cliché thoracique.
- Forme la plus contagieuse.
Pleurésie tuberculeuse
- Épanchement pleural lymphocytaire.
Miliaire tuberculeuse
- Diffusion hématogène → multiples petits nodules bilatéraux au thorax.
- Atteinte multi-organes (poumon, foie, moelle, méninges).
Autres localisations
- Ganglionnaire périphérique.
- Méningite tuberculeuse.
- Urogénitale.
- Ostéoarticulaire (spondylodiscite de Pott).
Diagnostic
Bactériologie (gold standard)
- Mise en évidence du BK par examen direct et culture.
- Identification par PCR (GeneXpert, NAAT).
- Expectoration matinale ×3, tubage gastrique, lavage broncho-alvéolaire.
Histologie
- Granulome épithélio-gigantocellulaire avec nécrose caséeuse.
Examens complémentaires
- Radiographie thoracique ± scanner : cavernes, nodules, infiltrats, adénopathies.
- IDR (intradermoréaction) ou tests IGRA (interféron-gamma release assays).
- En cas de miliaire : bilan complet (fond d’œil, PL, myélogramme, échographie, ECG, BK urines).
Contagiosité
- Examen direct positif sur les crachats = contagiosité forte → isolement respiratoire.
Bilan pré-thérapeutique
- Bilan hépatique, NFS, plaquettes, créatinine, urée.
- Uricémie (si pyrazinamide).
- Examen ophtalmologique avec vision des couleurs (si éthambutol).
- Sérologie VIH systématique.
Traitement
Médicaments de référence
- Isoniazide (INH) : neurotoxicité (carence B6), hépatotoxicité.
- Rifampicine (RMP) : inducteur enzymatique, hépatotoxicité, cytopénies.
- Éthambutol (EMB) : névrite optique.
- Pyrazinamide (PZA) : hyperuricémie, arthralgies, hépatite.
Schémas thérapeutiques
- Infection latente (PIT) :
- INH seul 9 mois,
- ou INH + RMP 3 mois.
- Tuberculose maladie (pulmonaire/extrapulmonaire) :
- Quadrithérapie 2 mois : INH + RMP + EMB + PZA,
- puis bithérapie 4 mois : INH + RMP.
- Adaptations selon situations (grossesse, insuffisance hépatique/rénale, VIH).
Surveillance
- Clinique + radiologique (J15, M1, M2, M6, M12).
- Bilan hépatique J10, J20, J30 puis mensuel.
- Examen ophtalmologique mensuel si EMB.
Mesures associées
- Isolement respiratoire si bacillifère.
- Déclaration obligatoire.
- Prise en charge à 100 % (ALD).
- Enquête autour des cas contacts (dépistage et traitement si nécessaire).
Notions indispensables
- Tuberculose = diagnostic bactériologique avant tout.
- Examen direct des crachats positif = contagiosité ++.
- Traitement standard = quadrithérapie 2 mois → bithérapie 4 mois.
- Isolement + déclaration obligatoire.
- Recherche systématique d’une co-infection VIH